19 février, 2021

La crise sanitaire accélère la digitalisation, par Jérôme Ricard / iOcéan

La crise sanitaire est le vecteur d’un certain nombre de changements dans notre manière de travailler.

Depuis le début de la crise sanitaire, nos habitudes sont remises en question. Que ce soit dans la vie quotidienne ou au travail, il faut s’adapter à cette situation. Cette nouvelle crise peut être le vecteur d’un certain nombre de changements, tout comme la crise économique de 2007 avait permis de réaliser un bon sur l’économie du partage.

Dans le contexte actuel, nous sommes invités à de nouvelles réflexions, notamment sur notre manière de travailler. En effet, nos interactions sociales devant être restreintes et conditionnées par les mesures sanitaires, une adaptation des processus des entreprises doit être réalisée, afin qu’elles puissent poursuivre leurs activités sereinement.

Qu’est-ce que la digitalisation des entreprises ?

Quand on parle de digitalisation des entreprises on entend en général, l’intégration, par celles-ci du numérique dans divers aspects de leur organisation et de leurs process. Elles vont, par exemple, utiliser des applications informatiques pour faciliter les échanges avec leur clientèle.

Ainsi, avant la généralisation d’internet, une entreprise se devait de figurer sur l’annuaire des pages jaunes. Aujourd’hui, elle se doit d’avoir un site internet, voire une présence sur les réseaux sociaux.

Les premiers avantages perçus à l’époque étaient l’économie de papier, le gain de temps et une meilleure réactivité pour communiquer avec les clients ou entre collaborateurs, ainsi que la modernisation de l’image de marque.

Désormais, la grande majorité des entreprises sont présentes sur internet. Mais face aux contraintes actuelles, ces entreprises peuvent-elles limiter leur digitalisation à cette simple présence ?

Au-delà de la présentation des produits ou services, les attentes des clients et partenaires sont beaucoup plus poussées : simulateurs, demandes de devis, adhésion ou achat en ligne… et dans le contexte actuel, c’est même le service en tant que tel qui peut être dématérialisé, faute de présence physique.

Il en est ainsi pour les petits commerces, très touchés par les longues périodes de confinement qui les ont maintenus fermés et privés de leurs clients. Il ne semble plus possible, sous prétexte d’être une petite structure, de n’avoir qu’un seul canal de vente, à savoir le canal direct.

C’est ce qu’ont montré les événements de ces derniers mois, et de nombreuses entreprises ont dû s’organiser pour continuer à vendre leurs produits sur des marketplaces ou en ouvrant leur site d’e-commerce.

La transformation digitale s’est aussi diffusée au sein même des entreprises : la communication interne se faisait pas voie d’affichage et les intranets sont arrivés… avec, aujourd’hui, toujours plus de services associés.

De même pour les échanges de documents : que ce soit dans le traitement des factures, comme dans la transmission des fiches de paie, qui se font communément de façon numérique. La signature électronique est aussi un autre exemple de simplification offerte par la digitalisation.

Grâce au numérique, les champs d’action sur lesquels il est possible d’offrir du service, de gagner en temps et en performance sont immenses.

La digitalisation prend aussi sa place dans les nouvelles modalités de l’exercice du travail

Le télétravail n’est pas un concept nouveau mais, lui aussi, a été largement développé et pratiqué ces derniers mois. A tel point qu’il pourrait bien perdurer pour beaucoup d’actifs au-delà de la crise.

Nombre d’entre eux n’avaient jamais eu l’habitude de travailler à distance, et l’adoption d’outils de travail numériques a donc été accélérée. Si vous ne connaissiez pas Zoom Video Communications, ou bien Microsoft Teams, par exemple, ils font désormais surement partie des applications que vous utilisez.

Parmi les outils de travail collaboratif largement plébiscités, les serveurs de documents permettent à chaque collaborateur d’accéder à tous types de ressources nécessaires à son activité, où qu’il se trouve et de pouvoir travailler à plusieurs sur les mêmes documents.

On peut notamment citer NextCloud, un logiciel sous licence libre, donc accessible pour les petites entreprises. De même, les plateformes de chat d’équipe, comme Rocket.Chat, également sous licence libre, sont extrêmement pratiques pour échanger entre collaborateurs et éviter les nombreux envois d’emails qui, par ailleurs, sont bien plus nocifs pour l’environnement.

Un certain nombre d’outils numériques, qui peuvent être utilisés pour traverser cette crise, le seront toujours lorsqu’elle sera terminée. Pourquoi ? Parce qu’ils ont d’autres intérêts que de palier à la limitation des contacts physiques.

Ils ont aussi des avantages en termes d’éco-responsabilité, de gain de temps, d’économies de ressources… Par exemple, l’utilisation des menus digitaux dans les restaurants ne disparaîtra pas avec la crise sanitaire : elle perdurera, car elle offre une valeur ajoutée pour les clients comme les restaurants.

C’est pour cela que les entreprises, qui en ont les moyens, doivent aller de l’avant et investir pour se digitaliser : elles en récolteront les fruits sur le long terme, car elles investissent pour l’avenir.

Finalement, un grand nombre d’outils numériques qui aident les entreprises à traverser la situation actuelle existaient déjà avant. Mais cette période a accéléré leur développement de façon inédite.

par Jérôme RICARD, chargé de communication / veille
sur les évolutions numériques chez iOcéan