13 janvier, 2022

Retards de livraison et modèles indisponibles : la pénurie mondiale de composants électroniques ralentit l’activité des PME

Cinq mille entreprises d’Occitanie seraient affectées par l’actuelle pénurie mondiale de composants électroniques, qui ralentit l’activité économique. Elle pénalise fortement les petites et moyennes entreprises et menace l’emploi.

LIEN DE L’ARTICLE : FRANCE 3 OCCITANIE

Chez XAP, à Calvisson (Gard), où se sont rendues nos reporters Esmeralda Terpereau et Christelle Nicolas, la pénurie mondiale de composants électroniques, majoritairement en provenance d’Asie, a des conséquences très directes sur l’activité. Dans cette entreprise qui conçoit et fabrique des produits et systèmes électroniques innovants pour la compétition automobile, les carnets de commande sont pleins, mais elle peine à satisfaire ses clients.

Temps de production multiplié par 20

Michel Mas, le responsable de la production et de la logistique, veille à la continuité des opérations. Mais aujourd’hui, il doit s’adapter aux offres limitées des fournisseurs. Les composants qui lui sont proposés sont différents de ceux avec lesquels il a l’habitude de travailler. Impossible de les monter à la machine, il faut tout faire à la main, soit un temps de production multiplié par 20.

Si les lignes de production peuvent continuer à fonctionner, c’est parce que les besoins ont été anticipés. Pas moins de 5000 références attendent d’être assemblées. Un changement d’organisation qui complique le travail de Jérôme Bousquet, le directeur de la société :

Pendant 20 ans, on commandait à 16 heures et on était livrés le lendemain matin à 8 heures. Aujourd’hui, on est obligés de stocker à peu près la moitié de notre production annuelle et donc d’anticiper l’achat des composants, ce qui a un impact en termes de trésorerie et qui déséquilibre complètement l’activité économique de l’entreprise.

Jérôme Bousquet, directeur de la société XAP

Désorganisation de l’activité

Mais cette solution ne peut pas être mise en œuvre partout. Chez 7Tech, bureau d’ingénierie basé à Deaux (Gard) qui conçoit, réalise et met en service des machines spéciales automatisées, uniques ou en série, ainsi que des équipements spécifiques tels que des bancs d’essai et de test, l’assemblage est ralenti, voire à l’arrêt, et on guette les livraisons du jour.

Pas le choix des modèles

Léa Plantier, la responsable de la logistique, jongle avec les fournisseurs : “Ils nous annoncent une livraison au mois d’avril ! On a mis 3 mois à être approvisionnés en axes électriques. On a essayé tant bien que mal de trouver d’autres solutions techniques, mais à un certain stade d’avancement de la conception d’une machine, on ne peut plus revenir en arrière“.

C’est ce que nous explique Julien Delmas, le chef de projet :

Nous, on va tout développer autour d’un premier composant, qui a un certain diamètre et une certaine longueur. Mais à la fin, il sera indisponible et on va nous en imposer un autre, différent. Cela nous oblige à refaire toute la mécanique qui tourne autour et au final, de restructurer toute la machine !

Julien Delmas, chef de projet chez 7Tech

Vers du chômage partiel ?

Au-delà des délais, les prix aussi subissent des variations en continu. Christophe Meyrueis, qui dirige 7Tech, craint désormais pour la pérennité de son entreprise. Il envisage même le recours à l’activité partielle, un dispositif qu’il n’a jamais appliqué depuis la création de sa société, en 2012 :

Pour certaines personnes qui travaillent chez nous, c’est 10, 15 ou 20 ans avant qu’elles arrivent à maturité. Donc moi, je ne souhaite pas les voir partir dans la nature, sinon notre activité ne pourra pas perdurer après cette crise.

Christophe Meyrueis, dirigeant de 7Tech

Ces entreprises n’ont aujourd’hui aucune visibilité sur la fin de la pénurie des composants. En Occitanie, elles seraient  5000 concernées par cette crise mondiale.